Le chant lyrique est une discipline artistique qui confine au magique par l'effet qu'elle peut déclencher chez le spectateur... à commencer par l'émotion... Pourtant c'est le résultat d'un immense engagement tant physique que mental. Le beau chant demande une coordination très précise de multiples actions musculaires, souvent ressenties comme contradictoires (il faut un pôle + et un pôle - pour déclencher un courant, donc une dynamique).

 

La gestion du souffle requiert un bon entraînement de la respiration costo-abdominale et des muscles engagés puisque la résistance élastique doit répondre directement à la densité de l'appel de son. Le son, lui, se module dans les résonateurs de notre instrument, à savoir les sinus. Notons que la cage thoracique entre en résonance en réponse aux vibrations sonores et elle colore ainsi le son elle aussi en apportant les harmoniques graves. Les muscles du faciès, du palais, de la mâchoire sont constamment en actions coordonnées et multiples. Leurs actions sont souvent ressenties comme contradictoires entre elles... et encore une fois, ces dynamiques permettent nuances sonores et diction.

 

Le mot dynamique implique l'exact opposé de rigidité. Nos efforts musculaires sont en constante adaptation entre eux pour répondre à la note et au mot que le chanteur veut émettre à chaque seconde. Il n'y a jamais d'immobilité pendant l'émission sonore. On comprendra donc aisément l'immense concentration que cet exercice exige ! On comprendra tout autant que cela ne s'obtient de manière parfaite qu'au prix d'un long apprentissage, d'une immense quantité d'exercices variés, précis dans leur mise en tension et éternellement répétés afin de mettre en place une mémoire du corps et du geste... puis de l'affiner encore... et toujours !

 

Cet immense travail permet de créer à chaque seconde l'instrument parfait dont nous avons besoin pour faire de la musique tout en disant un texte et en générant de l'émotion.Une bonne technique est indispensable pour pouvoir exprimer exactement ce que le chanteur ressent, tout en effectuant parfaitement les difficultés techniques diverses: (vocalises, rubato, longues lignes terminant sur un aigu, effectuer un crescendo ou un decrescendo sur une note haute...)

 

Un instrument vocal bien utilisé révéle le timbre propre à chaque chanteur, sans tricherie.Il permet un minimum de fatigue vocale dans les conditions difficiles dûes à la grandeur des salles, des orchestres et... du trac ! Une technique précise permet aussi de dominer le trac grace à l'assurance que notre geste vocal est le bon et qu'il mènera donc à la qualité que nous attendons. Il faut savoir que le trac a pour specificité de se loger justement dans les muscles dont nous avons le plus besoin (mâchoires serrées, diaphragme contracté, bouche sèche ou au contraire trop de salive etc.)… tout ceci est bien déstabilisant et ne peut être dominé puis éliminé que par la confiance en nos moyens.

 

Le trac, ainsi que les tensions musculaires excessives, peuvent aussi se travailler en sophrologie bio-dynamique, comme le pratiquent les grands musiciens et les grands sportifs. Nous savons que notre mental joue un rôle primordial dans la qualité de notre concentration, et par là même dans la précision de la prestation en cours. Les tensions musculaires peuvent entraver l'apprentissage, de même que des comportements excessifs de crainte, timidité, volontarisme voire agressivité. Les traits de personnalité auront une incidence direct sur la rapidité avec laquelle notre instrument pourra se construire puis se modeler.

 

La sophrologie bio-dynamique est alors le moyen parfait pour compléter l'apprentissage. Cette méthode coordonne le trio mental-physique-émotion dans un équilibre et une compréhension de soi indispensables. Corriger ou améliorer un mouvement dépend souvent de corriger et améliorer une attitude. Une attitude découlant forcément d'un sentiment ou d'un acquis éducatif... on voit qu'une bonne connaissance de soi et de nos fonctionnements émotionnels peut être d'une grande aide en vue de la performance tant désirée.